Surnommé " l’enfant terrible de la mode ", le styliste et grand couturier français Jean Paul Gaultier est souvent cité comme le créateur le plus talentueux de sa génération
Volontiers iconoclaste, il a navigué à contre-courant des tendances pour imposer la sienne à notre regard et nos souvenirs et en faire un des symboles les plus représentatifs et les plus prolifiques des années 80.
Né le 24 avril 1952 à Bagneux, Jean Paul Gaultier débarque à Paris à la fin des années 70. Punk sentimental, il marque les esprits des modeux par son style new wave en mousseline, incarné par un surprenant ensemble tutu/perfecto. Lui-même arbore un look entre "pieds nickelés" et titi parisien en goguette sur les docks : cheveux blonds dressés, rouflaquettes de marin et marinière. Cette marinière qui marque la collection " Toy Boy " en 1983 devient un vêtement incontournable, un élément récurrent de ses créations, une icône du style, de l’androgynie ou de la branchitude, selon qu’elle soit portée par Sting, par Etienne Daho qui l’arbore sur la pochette de son album " La Notte la notte ", en 1984, ou par Charlotte Gainsbourg dans son premier film " L’effrontée " de Claude Miller en 1985.
Durant les années 80, Gaultier devient une marque et Jean Paul une personnalité médiatique, volontiers excentrique, qui bouscule les codes, mélange les genres, les sexes et les générations et donne une impulsion nouvelle et new wave aux défilés, devenus de véritables shows visuels et musicaux. Ses lignes pour enfants ou personnes âgées seront saluées, comme sa collection unisexe qui habille les hommes en femmes et vice versa. Bouillonnant d’idées qu’il renifle dans la rue et la vie nocturne, le styliste incarne les secousses qui rythment la décennie, il les exprime avec un soupçon de provocation, une imagination mouvementée… et un accent frenchie assumé lorsqu’il parle anglais.
En 1988, il sort un single dance, " How to do that ", co-écrit avec Tony Mansfield (New Muzik) dont le vidéaste star Jean-Baptiste Mondino réalise le clip. A ce moment précis, JPG est déjà un aimant à stars de part et d’autre de la Manche et de l’Atlantique. Elles sollicitent ses services, ses conseils, sa griffe. La plus emblématique est Madonna, qui lui demande en 1989 de superviser son " Blind ambition tour " où elle apparaîtra en bustier conique devenue depuis légendaire. JPG est sur orbite planétaire, mais cette étiquette " provoquante " qui lui collera à la peau ne doit pas faire oublier que derrière ce masque sulfureux, son apport majeur aura été de parvenir à réunir et sublimer les différences et de faire du grand saladier de la culture populaire un met quatre étoiles. Et ça, ça s’est passé dans les années 80.
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