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mercredi 6 janvier 2016

Jazz: Paul Bley est décédé

Paul Bley au bois de Vincennes, à Paris, en 1973.


Le légendaire pianiste canadien Paul Bley est décédé à l’âge de 83 ans. Après avoir étudié à la Julliard School à New-York, il avait rejoint la Californie en 1957 où il avait joué, entre autres, avec Ornette Coleman et Don Cherry. De retour à New-York, il avait participé, sur fond de Free Jazz naissant au trio de Jimmy Giuffre avec Steve Swallow. Paul Bley avait également enregistré avec Coleman Hawkins et Sonny Rollins l’incontournable « Sonny Meets Hawk ». Artiste-phare du label ECM de Manfred Eicher, Paul Bley était le premier mari de Carla Bley qu’il avait rencontrée alors qu’elle était vendeuse de cigarettes au Birdland. Il avait refait sa vie avec la vocaliste et pianiste Annette Peacock. 


samedi 5 septembre 2015

Un supergroupe avec Santana

Un supergroupe avec Santana  - Thearon W. Henderson - Getty Images ©Supernova comprendra en plus du guitariste mexicain, John McLaughlin, Herbie Hancock et Wayne Shorter.

Avec Herbie Hancock et Wayne Shorter, Supernova devrait sonner de façon très jazzy, mais pour l'instant très peu d'informations circulent.

Ce qui est sûr, c'est que le groupe envisage d'enregistrer un album à partir de l'année prochaine.

"Wayne et Herbie, c'est un peu comme Albert Einstein et Stephen Hawking, ils sont des génies. Je leur en suis très reconnaissant d'avoir accepté de rejoindre le groupe", explique Santana.

En plus des 4 musiciens, Supernova accueillera Cindy Blackman à la batterie, la femme du guitariste mexicain. "A chaque fois que je joue avec elle, ça devient viral. L'énergie entre elle et moi est aussi puissante qu'une Supernova", ajoute le musicien.

mardi 16 septembre 2014

Mort de Joe Sample

Le pianiste et icône du jazz, Joe Sample, est décédé chez lui, à Houston. Il avait 75 ans.

joe sample  - Tous droits réservés ©C’est via Facebook que sa famille a fait part de la triste nouvelle. "Sa femme Yolanda et son fils Nicklas voudraient remercier amis et fans pour vos prières et votre soutien. Sachez que Joe a apprécié toutes vos prières, messages, lettres, cartes et vœux".

La santé de Joe Sample était fragile. Récemment, le musicien avait été hospitalisé pour une pneumonie. Il avait déjà fait deux crises cardiaques, la première en 1994, la seconde en 2009.

Pianiste hors pair, Joe Sample avait formé dès 1954 le groupe The Crusaders, et avait accompagné les plus grands durant sa carrière en jouant notamment pour Ray Charles, Marvin Gaye ou encore les Rolling Stones. Il avait également collaboré avec : Eric Clapton, Beach Boys, Steely Dan, BB King, Willie Nelson, Rod Stewart, Joe Cocker, Joni Mitchell, Tina Turner, James Brown, Quincy Jones, Diana Ross, Michael Jackson, Natalie Cole, George Benson, Al Jarreau, Miles Davis, David Sanborn, Marcus Miller...

vendredi 8 août 2014

Le nouvel album d’Al Jarreau est disponible

le-nouvel-album-d-al-jarreau-est-dans-les-bacs



Dans "My Old Friend : Celebrating Geoge Duke", le jazzman de Milwaukee rend hommage à son ancien complice qui l’avait accompagnait au piano notamment sur les albums "This Time" et "Breakin' Away" dans les années 80.
L’amitié entre Al Jarreau et George Duke remontait à la moitié du 20e siècle quand les deux artistes partageaient la scène des clubs de San Francisco. Pour ce disque, le lauréat de sept Grammy Awards, aujourd’hui âgé de 74 ans, a invité de nombreux artistes comme Lalah Hathaway, Kelly Price, Dianne Reeves, Dr. John ou Marcus Miller.

vendredi 1 août 2014

Idris Muhammad passe l'arma à gauche


Idris Muhammad  - Tous droits réservés ©


Idris Muhammad, le batteur de Fats Domino, est décédé mardi dans sa ville d'origine, la Nouvelle-Orléans

Le batteur de jazz américain, Idris Muhammad (né Leo Morris) était connu notamment pour la reprise avec Fats Domino de "Blueberry Hill" en 1956. Il était âgé de 74 ans. La cause du décès n'est pas encore connue.

Muhammad venait de la scène jazz, mais il a aussi touché à d'autres styles musicaux durant sa carrière comme la soul, le R&B, le funk et le disco. Il a également travaillé avec différentes légendes du jazz et de la soul comme Roberta Flack, Grover Washington, Johnny Griffin et Sam Cooke.

dimanche 13 juillet 2014

Charlie Haden est mort



Charlie Haden  - Tous droits réservés ©

Le contrebassiste de jazz est mort ce 11 juillet à l'âge de 76 ans.

Fidèle acolyte du pianiste Keith Jarrett, Charlie Haden est décédé à Los Angeles ce vendredi des suites d'une longue maladie. Le communiqué de presse publié par sa maison de disque a ébranlé le monde du jazz et les fans qui n'ont pas manqué de lui rendre hommage notamment sur les réseaux sociaux.

En juin dernier, Haden sortait avec Jarrett un nouvel album au titre prémonitoire, "Last Dance". Avec une carrière entamée à la fin des années 50 en intégrant le quartette d'Ornette Coleman, le contrebassiste a fait partie du premier trio de Keith Jarrett en 1968 avant d'évoluer dans ses propres formations.

lundi 7 juillet 2014

Un biopic sur Miles?



L'acteur américain Don Cheadle, apparu dans ''Iron Man'', se rêve maintenant en Miles Davis dans un film qu'il espère réaliser.

Dans un entretien à l'AFP, l'acteur de 49 ans, nommé aux Oscars pour sa performance dans ''Hôtel Rwanda'', explique qu'il a grandi avec la musique du mythique trompettiste de Jazz.

L'idée d'un film sur le musicien, dans lequel doit également jouer la star britannique Ewan McGregor, lui est venue pour la première fois en 2006 quand Miles Davis est entré au Rock and Roll Hall of Fame. Le projet, qui était bien avancé, a ensuite été heurté de plein fouet par la crise financière en 2008. ''Plusieurs personnes avaient fait des offres. Et puis le monde de la finance s'est écroulé'' a-t-il raconté, ajoutant qu'il avait été ''très difficile'' de ressusciter le projet.

L'acteur tente aujourd'hui de boucler le financement du projet, de 10 millions de dollars, une somme plutôt modeste à l'échelle d'Hollywood. Il mise aussi sur sa popularité et en appelle directement à la générosité de ses fans via le site de financement participatif Indiegogo.com. La campagne de financement s'achève le 10 juillet. Le tournage doit démarrer ce mois-ci à Cincinnatti dans l'Ohio (nord des Etats-Unis) et durer six semaines. L'acteur, qui a appris à jouer de la trompette pour le rôle, affirme que l'interprète de ''Kind of Blue'' aurait approuvé le recours au financement participatif, alors même qu'il refusait l'étiquette de jazz pour sa musique, préférant celle de ''musique sociale''.

mercredi 9 avril 2014

Des récompenses pour Puggy

puggy  - Tous droits réservés ©


Mélanie De Biasio et Girls in Hawaii ont également été distingués hier soir à Liège.

Puggy a donc remporté l'Octave dans la catégorie ''pop-rock''. La chanteuse jazz Mélanie De Biasio a été récompensée dans la catégorie "album de l'année", tandis que les Girls in Hawaii ont reçu le prix du ''meilleur concert''. Aucun de ces artistes n'était toutefois présent à Liège, tous étant retenus à l'étranger. En jazz, David Linx et Diederik Wissels ont reçu les grâces du jury. Trois Octaves de la musique pour Stromae qui est le grand gagnant de la soirée.

Salvatore Adamo a pour sa part reçu une Octave d'honneur pour l'ensemble de sa carrière et a interprété trois titres avec les 60 musiciens de l'orchestre philharmonique. Il a reçu une Octave d'honneur récompensant ses 50 ans de carrière et ses 80 millions d'albums vendus.

Pour célébrer cette onzième édition et ce dixième anniversaire, d'anciens lauréats se sont produits avec l'orchestre liégeois, comme Joshua, My Little Cheap Dictaphone, Jali, Sharko ou encore Saule.

lundi 7 avril 2014

Une photo...


Herbie Hancock sur une plage

Critique Musicale: Lady Linn - High (2014)


Flashback : Des débuts à la renommée nationale

C’est le 27 avril 1981 à Gand (dans le district de Sint-Amandsberg plus précisément), dans la région néerlandophone du Plat Pays, que Lien De Greef, future Lady Linn, voit le jour. La jeune fille tombera dans la marmite huit ans plus tard et débutera son apprentissage musical par celui du piano, de là naitra sa volonté de devenir pianiste. À l’âge de quinze ans se sont ses capacités vocales qui commenceront à être exploitées, Lien profitant de son intégration au sein d’un tout jeune groupe de Rock, fondé par des amis,  pour prendre place, en plus de son rôle de claviériste, derrière le micro. Très vite la demoiselle se découvrira meilleure dans le rôle de vocaliste plutôt que dans celui de pianiste[1].

Ces premiers pas dans le monde musical se concrétiseront un peu plus tard, à l’âge de 18 ans,  par une poursuite d’études au conservatoire de Gand pour une période d’environ cinq ans. Cinq années qui permettront à la jeune femme de se familiariser avec le chant, la musique et la composition propres au Jazz, sa source d’inspiration et influence majeure.

L’année 2004 marquera la sortie du conservatoire et le début d’une collaboration nouvelle pour Lien, celle d’avec le groupe de Pop  Bolchi, emmené par Jeroen De Pessemier. A cette même époque, les prémices d’un nouveau projet centré sur le Jazz, qui très vite deviendra connu sous le nom de Lady Linn And Her Magnificient Seven, se mettent en place. Ce projet résulte de la volonté de Lien de fonder autour d’elle un groupe de Swing Jazz après cinq ans passés à chanter et jouer du Swing Jazz au conservatoire. Entourée d’amis et de musiciens qu’elle apprécie, elle parvient à former son propre groupe, qu’elle qualifie elle-même de « petit Big Band »,  et joue une musique fortement inspirée de celle ayant parcourue les années 30 et 40. S’ensuivra ensuite le quasi-indispensable passage par la case « reprises », pour une durée de quatre ans, avant que Lien ne se mette finalement à composer ses propres titres[2].

Dans un entretien accordé à Cécile Duclos pour le site La Toile De Pandore, publié le 4 avril 2012, De Greef définira le son et le style musical de Lady Linn And Her Magnificient Seven de la façon suivante :

Pour moi, c'est un mix, ce n'est pas un style. Les chansons sont plutôt  romantiques, je trouve, et positives ! C'est acoustique, organique. Et puis c'est pop, bien sûr, et il y a sans doute des influences soul, jazz mais aussi country et bossa ».[3]

Le travail de composition et d’écriture du petit Big Band belge se concrétise en 2008 avec la sortie de Here We Go Again, leur premier effort discographique, qui se veut un disque de Jazz, tant sur la forme que sur le fond, les musiciens ayant pleinement, et certainement, voulu digérer les quelques années passées à jouer du Swing Jazz. De cet album on retient avant tout la vivacité des rythmes divers, les compositions enjouées, une voix au grain reconnaissable, maitrisée et affirmée et une prédominance des sections de cuivres misent en valeur par des arrangements conçus sur mesure. Lien confira d’ailleurs qu’à l’époque il lui semblait avoir écrit ses morceaux en premier lieu pour les cuivres et dans un seul et unique style : Celui des Big Bands[4]

Toute considération purement stylistique mise à part, Here We Go Again sera couronné de succès et permettra au groupe  Lady Linn And Her Magnificient Seven de décrocher leurs premières récompenses nationales significatives : 2 MIA[5] dans les catégories « Meilleure interprète féminine » et « Meilleur album pop ». Here We Go Again sera en outre disque de platine en Belgique et sortira chez nous l’année suivante[6].

Ces débuts très prometteurs et plutôt remarqués seront suivis par la parution, en 2011, de No Goodbye At All,  second opus de Lady Linn And Her Magnificient Seven. Cet opus, en plus de marquer une évolution certaine dans le style du groupe, voit celui-ci entamer une collaboration avec le producteur Renaud Létang qui lui a par le passé œuvré sur les disques de Manu Chao, Feist, Émilie Simon, Clémence Lhomme, Gonzales, Alain Souchon, Juliette, Abdel Malik, Jane Birkin ou Mathieu Boogaerts entre autres.

La collaboration avec ce producteur s’accompagne d’une nouvelle direction artistique, No Goodbye At All offrant cette fois à l’auditeur, tout en restant encré dans l’univers du Jazz, univers dans lequel les cuivres ne sont nullement négligés, une palette de sons lorgnant désormais vers la Pop. Ce changement notable n’a en rien émoussé les qualités entrevues sur le premier album et la voix de Lien se voit parfaitement mise en valeur dans toute cette jouerie Jazz aux contours mâtinés de Pop, la production de l’ensemble assurant un équilibre parfait au disque, aux titre le composant,  faisant du même coup de celui-ci un bel écrin. Cette sortie a permis à Lady Linn de toucher un public plus large au-delà des frontières de la seule musique Jazz.

Lien confira, au sujet de l’enregistrement de ce second album, que les titres qu’il renferme furent écrits de manière plus directe que par le passé et sans prise en compte des futurs arrangements qui viendraient nécessairement garnir ces compositions nouvelles. La création s’est donc voulue plus libre. Cette nouvelle façon d’appréhender la composition s’est également traduite sur le laps de temps nécessaire à l’enregistrement et au mixage du disque, l’ensemble ayant été finalisé en une quinzaine de jours à peine[7].

De tout ce travail ressort un disque mêlant sonorités Jazz, Pop et effluves de Soul nimbées d’un son se voulant à la fois calibré et plus direct. No Goodbye At All peut être perçu comme une « suite logique » à Here We Go Again de la part de Lady Linn And Her Magnificient Seven, une suite permettant à la fois au groupe de consolider les attentes placées en eux suite à la sortie de leur premier opus (le Jazz et le Swing étant eux toujours présents) et de s’ouvrir, de séduire un public plus large, le coté Pop plus accentué de cette collection de nouveau titres offrant désormais un plus large audimat. Si l’on se place de ce point de vue, Lady Linn And Her Magnificient Seven n’a pas loupé le coche avec ce second opus, opus qui, en France, est sorti le 19 mars 2012. Cette sortie sera suivie d’une assez belle carrière hexagonale pour ce disque, permettant à Lien et son groupe de gagner en visibilité sur les scènes et chaines de télévision françaises. Manifestement très inspirée à l’époque, Lien confia même, lors de la promotion de No Goodbye At All, être déjà en train d’œuvrer à la composition de ce qui devait être son troisième opus[8], opus sur lequel nous allons désormais nous pencher plus avant.

High : évolution et prise de risques ?

Après les succès successifs de ses prédécesseurs, il va sans dire que ce qui devait être le troisième opus de Lady Linn était pour le moins attendu. Le fonctionnement de l’industrie musicale l’a mainte fois démontré : nombreux sont les jeunes groupes à ne pas réussir ce que l’on serait tenté d’appeler  « la passe de trois », la sortie d’un troisième opus étant souvent révélateur du devenir du groupe en question. Souvent le premier album fait office de révélateur, le second confirme ou non le potentiel véritable du groupe et le troisième, si la réussite est au rendez-vous, fait en quelque sorte office de pierre angulaire dans la discographie et offre  ou non au groupe une place à défendre dans le paysage musical pour les années à venir. A ce quitte ou double, souvent l’audace paye.

D’audace Linn et son groupe ne semble pas en avoir manqué et ne pas avoir non plus hésité à prendre l’adage au mot. En effet La chanteuse a confié dans nos colonnes percevoir la sortie de ce troisième album comme une étape majeure dans sa carrière : Celle qui lui permettrait de se défaire de cette étiquette de chanteuse « rétro » qui semble lui avoir été accolée[9]. Sur cet album la vocaliste de Jazz assume pleinement son attrait pour la musique House et l’influence qu’a pu avoir sur ses nouvelles compositions son implication au sein du projet parallèle FCL, groupe pour lequel Linn mets sa voix aux services de classiques de la House et de la musique noire nord-américaine. Cette expérience sera qualifiée de « libératoire » et aura également pour effet de désinhiber la jeune femme à l’entame du processus d’écriture des titres qui devaient composer l’album qui nous occupe ici.

L’écriture des titres s’est elle aussi accompagnée de quelques changements notables, Linn ressentant le besoin de délaisser quelque peu son piano au profit d’une six cordes durant l’élaboration des premières démos. Une fois ces démos prêtes celles-ci furent confiées aux bons soins du guitariste Bruno De Groote qui se chargea des arrangements guitaristiques de chacune d’elles. Tout ce travail échoua finalement entre les mains (et les oreilles) du producteur Renaud Létang qui s’occupa par la suite d’octroyer à chacune des pistes les beats et tempos adéquats pour l’enregistrement final et édifia du même coup la base sur laquelle chacun des musiciens viendrait par la suite enregistrer sa partie en studio.

 Cette phase de la production transforma parfois radicalement certains titres, à une ballade pouvait succéder un morceau up-tempo par exemple…Voilà en tout cas qui semble témoigner de la fécondité du travail accompli et mettre en exergue le rôle prépondérant joué par Létang dans la conception finale de ce disque.
C’est en tout cas bel et bien à ce dernier que nous devons sur ce disque la présence d’éléments sonores propre à la Disco, la House ou la Dance, de telle sorte que, selon ce que nous a confié Lady Linn,  le son que renferme High est vraiment la résultante du travail conjoint des musiciens et Renaud Létang, ayant vraiment su mettre à profit la liberté qui leur étaient donnée sur cet enregistrement[10].

Combiner cette fois la musique Pop aux influences Disco, House, Soul, R&B, Reggae, Gospel et Folk pour mieux laisser de côté le Swing Jazz des années 40, ce pari pouvait sembler risquer, c’est pourtant celui que toute l’équipe à tenter de relever en sortant High !

Une collection de chansons « honnêtes et fraiches »

High sera dans les bacs dès le 31 mars prochain. La production du disque est irréprochable, le son est à la fois « carré » et « calibré ». On ne décèlera pas d’esbroufe ou  un quelconque défaut de surproduction : Chaque ligne instrumentale est propre et peaufinée, aucun instrument ne se voit négligé au profit d’un autre non plus. La voix très Soul de Linn est, elle vraiment mise en avant sur toute la longueur de l’album. En plus du son, c’est là un premier vecteur d’unicité pour ce disque.

De jolis accords de guitare acoustique introduisent Regret, plage titulaire et premier simple extrait de cet opus, avant de soutenir la voix de Linn qui d’entrée est parfaitement mise en avant et en valeur. Le titre recèle une agréable mélodie et est très efficacement soutenu en son milieu par un gimmick de batterie plutôt discret. Un titre bref et une entrée en matières très légerement tentée de Folk efficace.

High arrive ensuite. Ce titre, qui fut le premier à être enregistré en studio et est directement inspiré par Le soulman Charles Bradley, est un up-tempo efficace pourvu d’un beat  synthétique et de riffs guitaristiques légèrement saturés et énergiques auxquels vient se plaquer La voix mixée en avant. La ligne de basse est ronde et très présente. L’utilisation faites d’overdubs et la présence d’une nappe de synthétiseur en conclusion du morceau accentue son côté très Disco.

 Avec  Build Up c’est sur une boucle de synthétiseur et de boite à rythme minimaliste, mais au demeurant efficace, que vient se lover la voix chaude de Linn qui, dans ce phrasé plaintif, se part d’accents proches du Gospel. Ce titre est lent, sa ligne de basse massive et son écoute attentive laisse percevoir de discrètes racines jazzy à cette ballade mélodique.

Un gimmick de clavier et une rythmique efficace mais non envahissante servent de cadre au crêpage de chignon dépeint dans le titre Sassy. Après le Gospel c’est au R’n’B des années 90 que Linn empreinte quelques accents du plus bel effet.

Nous avons ensuite droit au titre The Beat, pièce centrale et à la fois la plus longue du disque. Cette position au sein de ce recueil de chanson ne tient selon nous pas d’un complet hasard. Très rythmé, ce titre semble plutôt assez représentatif du travail de Renaud Létang. Un refrain profondément Pop et très efficace cohabite judicieusement avec un beat de synthétiseur, une boucle de boite à rythme, une excellente ligne de basse pour un rendu très carré et propre de l’ensemble.

Une rythmique à la fois lente et massive soutenue par des accords de guitares minimalistes servant d’écrin à la voix, ce sont là les composantes de la chanson Remember.
C’est d’une rythmique emplit d’effluves Jazz dont est doté le titre Drive. Un titre qui, sur un tempo modéré, nous délivre un son Pop et enjoué pour un joli moment.

Never donne ensuite à entendre une ligne de basse massive, un gimmick de piano accrocheur et des percussions aussi discrètes qu’efficaces à l’édification de l’écrin sonore dans lequel une voix aux accents Soul et R’n’B se déploie au long de cette ballade.

Le titre Back arrive ensuite, paré de ses accords de guitare électrique, secondé par un gimmick légèrement plus abrasif et une rythmique « carrée », cette dernière n’étant nullement envahissante. Le chant redevient prioritairement jazzy et se place très à propos dans l’ensemble. La présence, ici plus marquée, de la section de cuivre rappellera aux auditeurs de longue date les précédents enregistrements. Ce titre est en lui-même un mélange d’influences diverses réussi!

L’opus se clôt avec le très beau Feeling Me, un morceau que Linn a confié avoir enregistré pour la toute première fois de façon a capella à l’aide de son répondeur avant d’en finaliser une version dance et énergique, pour finalement décider d’en revenir à la version « messagerie » originelle. Un moment de piano/voix que l’on pourrait apprécier comme étant une véritable tangente opérée par l’artiste au regard des albums précédents et qui suffira à convaincre une fois pour toutes des qualités vocales remarquables que possède Linn (et qui, par la même occasion, devrait permettre de faire cesser certaines comparaisons avec d’autres chanteuses, que nous jugeons parfois trop hâtives…) Un moment dépouillé pour une conclusion se faisant sur une note de douceur.

« Suddenly I feel So free
I say goodbye to all my worries
Taken over by
By this energy
Wich I didn’t know that I had inside of me »

*****

Entre les deux pôles plutôt acoustiques que sont les titres Regret et Feeling Me Lady Linn et son groupe ont su nous donner à entendre une nouvelle facette de leur savoir-faire, auquel s’ajoute celui, indispensable, de leur producteur Renaud Létang à leurs côtés pour la seconde fois. Ce troisième opus aura de quoi surprendre, décontenancer même, les amateurs de Jazz ayant particulièrement appréciés Here We Go Again et No Goodbye At All. Avec High, place est ici faite à une plus grande spontanéité, les musiciens se libèrent des contraintes et carcans du genre dans lequel ils œuvrés par le passé, ils expérimentent aussi bien plus. En d’autres termes, ils ont su prendre des risques, notamment celui de déplaire à une certaine frange de leur public déjà acquis, pour relever le défi du troisième album et faire ainsi « la passe de trois ».  Cela s’est fait dans l’ornière d’une musique certes plus « mainstream » et commerciale mais ce groupe ne s’est en aucun cas déparé de ce qui fait son originalité. Cette nouvelle direction artistique séduira à n’en pas douter un grand nombre d’auditeurs. Et ils possèdent de toute façon bien assez d’atout pour que le successeur de High renferme les mêmes qualités…
En attendant, on appréciera cet audacieux melting-pot d’influences aussi diverses que variées et concentrées en un disque pour le moins appréciable !

Liste des titres :

1.      Regret
2.      High
3.      Build Up
4.      Sassy
5.      The Beat
6.      Remember
7.      Drive
8.      Never
9.      Back
10.  Feeling Me

Lady Linn, High, Universal Music France


Xavier Fluet @GazetteDeParis

[1] Xavier Fluet, « Lady Linn : « High ? Des chansons pop honnêtes et fraiches ! », La Gazette De Paris, 19/03/2014. Lien : http://gazetteparis.fr/2014/03/19/musique-lady-linn-high-des-chansons-pop-honnetes-et-fraiches/
[2] Cécile Duclos, « Interview de Lady Linn, une drama queen inspirée », La Toile De Pandore, 04/04/2012. Lien : http://www.latoiledepandore.fr/2012/04/interview-de-lady-linn-une-drama-queen.html
[3] Ibid.
[4] Id.
[5] MIA : Music Industry Awards. Equivalent belge des Victoires De La Musique, chez nous français.
[6] Id. Cf. note 2
[7] Id.
[8] Id.
[9]  Cf. Note 1

samedi 5 avril 2014

Du beau monde à MontreuxJazz Festival.


Du très beau monde à Montreux   - Tous droits réservés ©

Stevie Wonder, Robert Plant, Buddy Guy, Chris Rea, Massive Attack ou encore Pharrell Williams au menu du 48e Montreux Jazz Festival.

La venue à Montreux de la légende soul Stevie Wonder, le mercredi 16 juillet, réalise enfin le grand rêve de Claude Nobs, le fondateur du festival disparu il y a presque deux ans, indiquent les organisateurs dans un communiqué. Le célèbre festival se déroulera du 4 au 19 juillet, avec côté jazz, Herbie Hancock en duo avec Wayne Shorter.

A noter aussi la venue de Buddy Guy, de Robert Plant and the Sensational Space Shifters (ex-leader de Led Zeppelin). Au Montreux Jazz Club, Jack DeJohnette partagera la scène avec Matt Garrison et Ravi Coltrane. Se produiront aussi John Scofield en quintet ou le Mosaic Project de la batteuse Terri Lyne Carrington. Chris Rea sera aussi de la fête, le seul concert encore à son programme cette année. Etienne Daho et Mathieu Chedid viendront pour la première fois à Montreux.

"On a eu un peu de chance, estime le directeur du MJF", cité par le journal 24 heures à Lausanne. "On le voit avec la programmation des autres festivals, ça n'a pas été facile cette année, il y a moins de groupes à se mettre sous la dent, moins de headliners (locomotives). Nous avons pris des risques, nous avons cru dans nos chances en maintenant jusqu'à la dernière nos propositions et ça a marché".

jeudi 27 mars 2014

Pierrick Pédron s’attaque à The Cure

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Le saxophoniste breton annonce la sortie d’un album de reprises jazz des tubes du groupe anglais qui a marqué les années 80 et 90.
Baptisé "Kubic's Cure", cet opus comprend 9 titres dont les célèbres "Lullaby", "Boys don’t cry" et "Just like heaven". Pour l’enregistrement, Pierrick Pédron s’est entouré de deux fidèles : Frank Agulhon à la batterie et Thomas Bramerie à la contrebasse. D’autres artistes comme le trompettiste Médéric Collignon, le chanteur Thomas de Pourquery et le flutiste Ghamri Boubaker ont également collaboré à ce projet qui sortira le 22 avril prochain.

Un album inédit de Johnny Cash sort dans les bacs


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Il s’agit d’un enregistrement réalisé entre 1981 et 1984 du bluesman américain.
Son fils, qui a mis la main dessus, a expliqué que ces chansons avaient été proposées à la maison de disque Columbia à l’époque, mais elle n’avait pas souhaité les diffuser car l’artiste était alors au creux de la vague. Cet album, intitulé "Out Among The Stars" comprendra deux duos, dont l’un avec son épouse June Carter. C’est le quatrième album posthume produit depuis le décès de "Man in Black" en 2003.

Aretha Franklin prépare un nouvel album

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Surnommé "The Queen of soul", la chanteuse de Memphis va faire son retour en studio quatre ans après son dernier opus.
A tout juste 72 ans, elle va s’entourer de deux poids lourd actuels de la musique américaine : Andre 3000 du groupe Outkast et Babyface le chanteur et producteur de soul-r’n’b. Elle a annoncé ce projet ce week-end à l’occasion de sa fête d’anniversaire en compagnie, entre autres, de Denzel Washington. Et Aretha Franklin a également affirmé qu’elle souhaiterait enregistrer une reprise du tube "Bootylicious" des Destiny's Child. Aucune date de sortie n’est encore annoncée pour cet album.

jeudi 13 mars 2014

Toots Thielemans racroche

L'harmoniciste de jazz Toots Thielemans, âgé de 91 ans, a décidé de mettre un terme à sa carrière musicale.



L'artiste belge ne se sent plus suffisamment en forme pour assurer un concert complet. Afin de ne pas décevoir son public, il a décidé d'annuler tous ses concerts, a indiqué mercredi sa manager, Veerle Van de Poel à l'agence Belga.

"M. Thielemans souhaite désormais bénéficier d'un repos qu'il a bien mérité. Il peut regarder dans le rétroviseur une belle et très réussie carrière internationale, au cours de laquelle il a relevé de nombreux défis et toujours excellé par sa musicalité", indique-t-elle. "Il souhaite également remercier le public, les fans, les organisateurs ainsi que les musiciens avec lesquels il a collaboré, pour tout ce qu'ils lui ont apporté et il espère qu'ils garderont de lui l'image d'un ket de Bruxelles devenu citoyen du monde."

Keef écrit encore

Rolling Stones  - Photo: Richard Johnson/NME ©

Le célèbre guitariste des Rolling Stones rend hommage à son grand-père dans un nouveau livre qui paraîtra en septembre prochain.

Après avoir été pendant plus de cinquante ans le guitariste des Rolling Stones et publié ses mémoires en 2010, Keith Richards va publier un livre pour enfants, illustré par sa fille Theodora, a annoncé mardi son éditeur. Comme son titre l'indique, "Gus & Me : The Story of my granddad and my first guitar" racontera comment Keith Richards a reçu sa première guitare après avoir été initié à la musique par son grand-père.

Dans son autobiographie "Life", le guitariste, âgé de 70 ans, saluait déjà le rôle joué dans sa vie par Theodore Augustus Dupree, dit Gus, un musicien de jazz. "Je viens d'être grand-père pour la cinquième fois, donc je sais de quoi je parle", a expliqué Keith Richards, dont l'image de musicien a parfois été éclipsée par ses excès passés en matière de drogues.

La famille Richards réunie dans un livre  - Tous droits réservés ©

mercredi 26 février 2014

Mort de Paco De Lucia


Paco de lucia  - AFP/JOSE LUIS ROCA ©


Celui qui fût l'un des plus grands guitaristes de flamenco et qui avait su moderniser le genre, Paco de Lucia, vient de s'éteindre.
Le guitariste espagnol de flamenco Paco de Lucia est mort au Mexique à l'âge de 66 ans, a annoncé mercredi 26 février la mairie d'Algeciras, sa ville natale du sud de l'Espagne. Ce maître de la guitare flamenco a été victime d'une crise cardiaque, a indiqué le service de presse de la mairie.

Sa mort représente "une perte irréparable pour le monde de la culture, pour l'Andalousie", a déclaré le maire d'Algeciras, José Ignacio Landaluce. La ville a décrété un deuil officiel.

Né le 21 décembre 1947 à Algeciras, non loin de Cadix, il su moderniser le flamenco traditionnel en l'associant avec le jazz et en puisant son inspiration dans divers horizons 

jeudi 20 février 2014

Citation du jour

Louis Armstrong


''Les musiciens ne prennent pas leur retraite ; ils arrêtent quand la musique ne fait plus partie d’eux''

Louis Amstrong

Source: Classic 21

lundi 17 février 2014

Ibrahim Maalouf récompensé aux Victoires de la Musique


ibrahim-maalouf-recompense-aux-victoires-de-la-musique



Le trompettiste et pianiste de jazz a reçu vendredi soir, lors de la cérémonie 2014 de la musique francophone, le titre de l'"Album de musiques du monde" pour son album "Illusions".
Un trophée qui vient couronner une année particulièrement prolifique pour le musicien franco-libanais.
En plus de son 5e album et de ses multiples collaborations, il vient de signer la BO du film "Yves Saint Laurent". Et il a un programme de concerts chargé jusqu'à l'automne. Il sera notamment le 24 mars l'Olympia, le 12 avril au festival Cully Jazz ou les 9 et 10 octobre à la Cigale à Paris.

jeudi 6 février 2014

Citation du jour




“There’s a lot of people walking around, full-grown and so-called normal—they have everything that they were born with at the right leg length, arm length, and stuff like that. They’re symmetrical in every way, but they live their lives like they are armless, legless, brainless, and they live their life with blame. I never heard Michel complain about anything. Michel didn’t look in the mirror and complain about what he saw. Michel was a great musician—a great musician—and great, ultimately, because he was a great human being because he had the ability to feel and give to others of that feeling, and he gave to others through his music.”

Wayne Shorter (about Michel Petrucciani)