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dimanche 12 avril 2015

Dirty South Crew dévoile le clip de "Tolérance"


En décembre dernier, nous vous annoncions la sortie du clip du titre Speed, morceau présent sur Wake Up, leur second album. Un clip qui nous donnait l’occasion d’entendre ce titre dans une version acoustique.

Les amiénois poursuivent la promotion de leur album et reviennent cette fois-ci avec une mise en image de leur chanson Tolérance. Un titre sur lequel nous étions revenus, à l’occasion de la parution d’une critique de l’album sur notre site, et nous ayant à l’époque inspiré le commentaire suivant :

Tolérance s’ouvre ensuite sur une boucle de synthétiseur immédiatement suivi et appuyé par un riff de guitare accrocheur. La prestation du batteur est sobre et efficace, tout comme celle délivrée par le bassiste dont la note et le son rond ajoute au groove sur ce titre faisant la part belle à un refrain dont l’efficacité est ici égale à la simplicité. Le titre du morceau annonce la couleur quant au contenu du texte, contenu au sein duquel l’actualité trouve un écho : 

« J’ai fait le pari du savoir-vivre ensemble, s’enrichir de nos différences et ne pas aller que vers ceux qui nous ressembles/Je m’adresse au homophobes, je m’adresse aux xénophobes, à ce qui pense que c’est dans le repli communautaire que l’on devient des hommes/[…] à trop surfer sur une vague bleue marine/On finit par se noyer dans une flaque d’urine/L’étroitesse de vos esprits vous condamne sans sursis à toute une existence entre peur et ignorance. » 

Un clip, et un message, qui, même indirectement, illustraient plutôt bien cette phase de Gilles Perrault :


Le tolérance, c’est la civilisation par excellence. 






Voici le dernier clip de Dirty South Crew : « Tolérance », extrait du l'album « Wake up ».Cette vidéo est vôtre : c’est...
Posted by Dirty South Crew (D.S.C) on dimanche 12 avril 2015

lundi 24 février 2014

Critique musicale: Sweet Haze – EP (2014)



Genèse et premiers pas

C’est en janvier 2012 que s’est formé Sweet Haze jeune quintet originaire d’Amiens, la capitale Picarde. Encore bien jeune ce groupe, tout comme les membres qui le composent, s’est surtout signalé et fait remarquer ces deux dernières années au travers de leurs prestations scéniques et la parution de deux Extended Play, l’un en avril 2012, l’autre en ce début d’année 2014, opus qui nous occupera ici.

C’est donc il y a deux ans à peine, et sous l’impulsion d’Antoine son chanteur- guitariste, que fut lancé le projet Sweet Haze. Ce dernier résulte de la rencontre d’Antoine et de Nicolas, qui officiera au sein du groupe en tant que batteur. Le duo sera ensuite vite et successivement rejoint par le claviériste Raphael puis par Lou et Valentin respectivement bassiste et second guitariste du groupe.

Le contenu d’une interview, donnée à Sarrou et publiée en mars 2013 sur le site Nowplaying-mag[1], Nous permettra d’en apprendre en peu plus sur l’origine du nom du combo. Il semble que le batteur Nicolas en soit à l’origine et l’aurait proposé au reste du groupe sans connaitre la référence directe faite au cannabis, le Haze étant répertorié comme variété de production de chanvre cultivé. Un nom pour le moins annonciateur pour un groupe en devenir !

Musicalement ce combo évolue résolument dans l’ornière du Pop-Rock, parant tout de même ses titres d’effluves et de références diverses faites à d’autres genres musicaux parfois bien plus éloignés, reflet direct des influences musicales multiples de chacun de ses membres. Parmi ces dites influences, le groupe reconnait celles d’artistes comme Puggy, The Clash, Noir Désir, Police, Sting, Supertramp, Eric Clapton, John Mayer ou bien les britanniques de Lords Of The New Church dont Sweet Haze a repris le titreRussian Roulette.

La fondation du groupe sera très vite suivie par une première concrétisation discographique, Sweet Haze investissant les locaux du studio amiénois du Sous-Marin dès le mois de mars pour enregistrer leur premier EP 5 titres, diffusé le mois suivant. D’un tirage de quelques 500 exemplaires, ce disque est désormais épuisé. Un premier projet, toujours d’après l’interview précédemment citée, intégralement financé par les parents d’Antoine, en cadeau pour son vingtième anniversaire. Passée cette première sortie, la fin d’année 2012 est marquée par l’arrivée de Thomas, le manager. Une arrivée qui permettra au groupe de recentrer leur projet tout en ayant en ligne de mire de nouveaux objectifs.

Malgré la sortie rapide du premier EP, c’est évidement par le prisme de la scène et par la participation à de nombreux tremplins que le groupe s’est bien sûr employé à se faire connaitre. Fut notamment tentée une première tentative de participation au tremplin « Picardie Mouv’ », tentative qui se soldera par un échec. Ce ne sera que partie remise.

Fin juillet 2012 Sweet Haze prend part à l’édition du festival « Le lézard Jaune » à Longueau, festival de musiques actuelles, placé sous l’égide de l’association Acouzic et mettant avant tout à l’honneur la jeune scène picarde. Les groupes Dirty South Crew, Nasteen et Wolves & Moons, entre autres, étaient également présents lors de la tenue des deux jours de l’évènement.

Le début d’année 2013 sera marqué par une participation à la troisième édition du tremplin amiénois « Quai Des Jeunes ». L’occasion pour le quintet de fouler la scène du New Dreams lors d’une soirée au court de laquelle se produisaient également les groupes W.E.T. et Chemical Fever. Fin janvier Sweet Haze sera choisi, en compagnie cette fois de Thomas Albert Francisco, pour représenter la région Picardie lors de la tenue du tremplin musical étudiant « Musique de RU ».

Un évènement majeur se produira à l’entame du mois de mars lorsque que le groupe sera déclaré vainqueur de la première édition du Faep‘estival, un festival monté par l’entremise des associations étudiantes et plus précisément de la FAEP. Cette victoire donnera l’occasion à Sweet Haze de se produire deux soirs de suite sur la scène de la Lunes Des Pirates, salle bien connue du public amiénois. Après avoir été déclaré vainqueur au soir du 1er mars, c’est pour assurer la première partie des groupes The Aerial et Good Night Junkie que le groupe reviendra sur cette même scène dès le lendemain soir[2].

Quelques jours plus tard, annonce est faite de l’implication du groupe dans la réalisation de la B.O. du court-métrage Le vent l’emportera, œuvre de la réalisatrice Céline Tejero à paraitre en juin prochain. Un titre de Sweet Haze devrait figurer sur cette bande originale. Sweet Haze se verra ensuite consacrer le premier épisode du projet Shaking Off, projet qui résulte de la volonté d’un duo de jeunes reporters, passionnés tant par la musique que par la réalisation vidéo, de mettre en avant les pépites musicales venues de Picardie.

Ce mois de mars 2013, décidément bien riche, ce conclura par le premier concert du groupe hors de ses terres originelles de Picardie, Sweet Haze allant pour la première fois se produire sur la scène lilloise du Biplan. La fin juin voit Sweet Haze se produire, avec le groupe Elegant Fall, sur la scène étudiante du Chaudron à Amiens.

Les mois d’été 2013 ont eux aussi été plutôt rempli, avec notamment, au début du mois de juillet, la tenue d’une session d’enregistrement dans les murs du RBM Studio (studio d’enregistrement fondé en 2011, basé dans le département de l’Oise), lieu d’enregistrement des titres du second EP du groupe. Le 6 de ce mois Sweet Haze participe au festival R4 de Revelles, avant de se produire, le 19 juillet, sur une scène rémoise dans le cadre d’un échange convenu par les organisateurs du tremplin « Quai des jeunes », le concept ayant fait flores dans nombre de villes désormais partenaires de cet évènement, avant qu’un concert au Grand Wazoo ne vienne conclure ce mois de juillet 2013.

En Aout c’est l’étape de mixage des titres précédemment enregistrés au RBM Studio qui est abordée, avec en mettre d’œuvre Bérenger Nail. Ainsi le second EP entre-t-il dans une phase encore plus concrète d’élaboration. Le studio fera paraitre, à la toute fin du mois de septembre, sa toute première compilation, compilation sur laquelle figure Betty’s Gift un des titres du nouvel EP.

Début octobre Sweet Haze retrouve une nouvelle fois la Lune des Pirates, en première partie des parisiens de Sarah W. Papsun, dans le cadre du concert évènement « I Love My Campus », cette fois. Seront ensuite mises en ligne deux vidéo, enregistrées au mois d’Aout dans l’enceinte du château de Creuse, montrant le groupe exécutant des versions acoustiques des titres Betty’s Gift et Russian Roulette.

Le 20 octobre on annonce que la pochette de l’EP à paraitre vient d’être finalisée. Cette dernière est le fruit d’une collaboration entamée avec Adrien Defert. Une semaine plus tard Sweet Haze participe aux auditions départementales en Somme du « Picardie Mouv’ » 2013 à Abbeville, sans toutefois que cela soit un succès. Début novembre Sweet Haze est à l’affiche du Festivaux, évènement musical organisé sur la commune de Vaux-Sur-Somme. En décembre c’est la Briqueterie d’Amiens qui accueillera le groupe. Enfin, début janvier 2014, c’est le site web du groupe qui est ouvert.

Voilà résumé, avant de nous intéresser plus avant au contenu de l’EP paru récemment, et dans ses grandes lignes, le parcours de Sweet Haze…

5 titres entre brume, Pop et Rock

C’est depuis le 13 février dernier que l’EP, et les cinq titres qui le composent, est disponible.

Les titres de cet opus donnent à entendre une production plutôt « carrée » et très calibrée, type de production qui sied néanmoins parfaitement au style musical dans lequel évolue le groupe et qui donne également une forme d’unicité certaine à l’ensemble. Le disque ne pèche pas non plus d’un travail de surproduction sur la longueur.

Don’t Forget Your Past, plage titulaire du disque, s’ouvre sur une introduction dotée d’un gimmick de clavier plutôt accrocheur. Un rythme rapide sera vite imprimé par une ligne de basse et une batterie très présentes sur l’ensemble du titre, la guitare délivrant des notes à la fois saturées et incisives. Un chant énergique arrive ensuite, Une énergie qui culmine lors du refrain et dans le phrasé guitaristique faisant suite à celui-ci. Une entrée en matière plutôt vive et enjouée qui demeure efficace, efficacité que la structure de la composition mais aisément en valeur. Ce titre, dont la démo est accessible sur le web[3], nous permet d’apprécier d’autant mieux la qualité du travail de production effectué ici, travail non dépourvu de finesse.

C’est sur un rythme semblable et sur un gimmick de clavier entêtant qu’arrivent ensuite le non moins accrocheur FES (chanson anciennement titrée Egyptan Song) et son chant énergique. Un titre up-tempo presque dansant aux riffs de guitare incisifs, à la basse massive et don la brièveté assure l’efficacité.

Age Of Reason démarre ensuite par un bon riff de guitare aux notes saturées et plutôt rageuses pour un titre Rock auquel sont ensuite judicieusement plaqués la rythmique et le chant avant que la ligne de basse et la batterie ne se démarquent au milieu du morceau. C’est la guitare qui se charge de conclure ce titre par de belles, et surtout efficaces, envolée.

Maison close débute par un bon gimmick de synthétiseur conjugué à la présence d’une guitare au son abrasif qui se superposent à une ligne de basse très ronde avant que le titre ne se déploie principalement autour d’un refrain accrocheur et énergique. Part belle est faite sur ce titre à la mélodie soignée à la six cordes et aux claviers. Un titre qui gagne en ampleur et en efficacité sur scène.

C’est sur une touche de romantisme que débute Betty’s gift, le cinquième et dernier titre du disque, titre très mélodique dont l’intro ne manquera pas de rappeler à l’auditeur une œuvre classique plutôt célèbre. Le chant de cette ballade au rythme lourd, habilement campé par la batterie et la basse, se fait plaintif et se voit appuyé à propos par une ligne de violoncelle. La guitare elle n’est pas en reste est délivre, au milieu du morceau, un solo de bonne facture et permet au titre de gagner en intensité avant que les vocaux ne viennent amplifier l’ensemble pour permettre un climax, la ligne de guitare se faisant ensuite plus mouvante, avant que le clavier ne réapparaisse et ne vienne clore le titre, et le disque par la même occasion, en douceur par la reprise du thème joué en introduction.

La jaquette, entièrement réalisée à la main, retranscrit une ambiance plutôt romantique. Le travail est réussi et l’artwork se « marie » plutôt bien avec l’ambiance musicale que renferme ce disque.



« L’eau reprit une faible brillance qui rendit le paysage brumeux…»

Jean Cayrol



*****

Avec son second EP Sweet Haze nous livre une musique Pop-Rock matinée d’influences diverses et variées qui semblent être pour le moins assimilées, « digérées », et use de celles-ci à bon escient. L’ensemble est en outre servi par une production de qualité. Séductrice cette musique l’ait par la combinaison judicieuse réalisée entre riffs de guitare nerveux, nappes de clavier racée et un chant énergique auxquels s’ajoute un intéressant travail en matière de composition, élément notable.

Un disque appréciable, très encourageant renfermant de belles promesses et qui devrait permettre aux amiénois d’élargir encore leur public. Inutile pour l’heure de chercher à comparer obligatoirement ce son à un autre, ce dernier étant certainement appelé à évoluer, à gagner en maturité à l’avenir.

Nous avons là un premier essai marqué qui se devra néanmoins d’être transformé. En attendant la suite, l’EP qui nous est donné ici pourrait bien constituer une découverte digne d’intérêt pour nombre d’auditeurs.



Liste des titres :
1. Don’t Forget Your Past
2. FES
3. Age Of Reason
4. Maison Close
5. Betty’s Gift



Sweet Haze, EP, 2014

Xavier Fluet 












[1] Sarrou, « Sweet Haze : « Ce qu’on cherche c’est que tout le monde se retrouve dans notre musique »., Nowplaying-mag, 27/03/2013. URL : http://www.nowplaying-mag.com/2013/03/sweet-haze-ce-quon-cherche-cest-que-tout-le-monde-se-retrouve-dans-notre-musique/


[2] Sarrou, « Une premiere edition réussie pour leFaep’stival»., Nowplaying-mag, 07/03/2013. URL :http://www.nowplaying-mag.com/2013/03/une-premiere-edition-reussie-pour-le-faepstival/


jeudi 19 décembre 2013

Ribo sort une édition remasterisée de "Veloutine et Vodka"





Après l'autoproduction les amienois de Ribo se lance dans l'autodistribution est annonce la sortie d'une toute nouvelle édition son du dernier album "Veloutine et Vodka". Cette édition remasterisée, dans un souci d'exigence toujours plus grande, est l'édition définitive prévue pour la vente numérique, que vous pourrez retrouver sur toutes les plateformes streaming (Bandcamp, Deezer, Spotify, Itunes et autres). 

Site officiel de Ribo



vendredi 27 septembre 2013

Le festival de jazz d’Amiens bat son plein

le-festival-de-jazz-d-amiens-bat-son-plein


La 32e édition de l’événement picard se déroule jusqu’à dimanche en mettant à l’honneur les musiques de jazz et du monde.
L’association le Temps du jazz propose 40 concerts dans de nombreux lieux de la commune. Au programme notamment le blues de Sira Niamé, les contes urbains Lassy King Massassi ou le groove de Sandra Nkaké.
Le festival s’achèvera avec la diva de Bamako, Fantani Touré.

mardi 4 juin 2013

Ribo - Veloutine & Vodka: nouveau clip




Une nouvelle vidéo vient cette fois accompagner le titre la gueule de l'emploi extrait du cinquième album de Ribo Veloutine & Vodka sortie en décembre 2012.


vendredi 19 avril 2013

Ribo en concert ce soir à Amiens

             


Voici quelques titres tirés de l'album Veloutine & Vodka sorti en décembre 2012:





 

mardi 16 avril 2013

Agenda des concerts à Amiens et alentours



Agenda des concerts dans les bars et autres lieux de diffusion à Amiens et les alentours sur la page agenda du site www.citecarter.com . 
Annoncez vos concerts en envoyant un mail à citecarter@hotmail.com
http://www.citecarter.com/agenda.php

lundi 21 janvier 2013

Ribo – Veloutine & Vodka (2012)





Flashback

Ribo, groupe originaire d’Amiens en Picardie, se fait remarquer par la critique en 2000 suite à la parution d’un maxi 6 titres, La Soif. De ce premier effort discographique, la critique retiendra avant tout la volonté du groupe d’inscrire sa musique dans ce que la chanson française a de plus traditionnel notamment grâce aux textes et à la voix du chanteur qui se dégagent de l’ensemble. L’instrumentation se verra elle qualifiée de « néo-réaliste » grâce notamment à la présence d’une section de cuivre et celle d’instruments comme l’accordéon ou l’harmonica. C’est deux ans plus tard que Ribo nous livrera son premier album : Les Amours Bizarres De Marius Venin. Sur ce disque sera mise en valeur une atmosphère cette fois plus intimiste que celle régnant sur La Soif, et tintée de couleurs jazz et rock. Les chansons, souvent empreintes de mélancolie, dessinent un univers déjà qualifié de déjanté et dans lequel l’humour, souvent noir, tient une bonne place. L’humour noir, une constante sur les disques du groupe et dans leurs textes, l’une des facettes de leur originalité. En 2005, les picards nous reviennent avec un second album au titre des plus poétiques qui soit : Fatras Pour Chats Giflés. Les fatrasies de Ribo ne déparent pas les amours du sieur Venin, elles s’inscrivent à leur suite. Sur cet album, Ribo propose une nouvelle fois une musique sombre et enlevée, aux orchestrations plus minimalistes, mettant en valeur des textes insolents toujours habillés d’humour acide, de drôlerie aussi. L’album est une plongée dans un univers aussi décalé et surréaliste que celui du précédent opus.
Un changement s’amorce toutefois en 2007, année ou Ribo sort l’album-concept Sally-Jean Mahler N’est Plus Ici. Il s’agit de la bande son d’un road-movie n’existant pas, collection de treize road-songs au cours desquelles Ribo met en exergue une de ses influences majeures: Le cinéma et plus précisément le film noir américain. Le scénario donne à suivre le parcours de Sally-Jean Malher, une demoiselle qui fuit dans une Jaguar volée, en compagnie de Marius Venin, en direction du Nouveau Mexique, via New York et Los Angeles, où le périple s’achèvera par un Unhappy End dans le désert. Si le film n’existe pas, le disque nous livre quantité d’images tant celui-ci en regorge. Des images de cinéma, bien sûr, qui défilent à toute vitesse à l’écoute de la galette. Cette impression s’en voit renforcée par une musique d’un ton résolument plus rock que sur les précédents albums, appuyée en cela par les guitares électriques bien présentes sur ce disque au rythme enlevé et aux titres plutôt brefs. Les références littéraires et cinématographiques qui parcourent l’album sont multiples et ajoutent à la qualité des textes. Citons entre autres et  à titre d’exemples : Marilyn Monroe, Jim Thompson, Stanley Kubrick, Charles Bukowski ou encore Jim Morrison… L’ambiance demeure sombre et tourmentée et restitue celle des films noirs. Ribo signait avec ce Sally-Jean Mahler n’est plus ici un disque véritablement original, témoin d’une démarche et d’un travail des plus aboutis. Nous serons ensuite invités à douter des totems avec la parution, en mars 2011, de l’album du même nom. Cet album propose une association réussie, celle de la chanson française et de la musique pop-rock. Si la composition du groupe a beaucoup évolué au cours du temps et des albums, Ribo n’a en rien perdu son identité ou son originalité. Douter Des Totems renferme des titres aux textes toujours particulièrement travaillés, souvent en trompe l’œil, et dont le sens premier peut parfois se dérober à l’auditeur de passage. Ces textes à tiroirs, faisant la part belle aux images, où le monde actuel semble observé comme un western violent peuplé de cheyennes épuisés et de cowboys désenchantés, confirment la prédilection du groupe pour le traitement doux-amer et figuré, par la bande, de sujets souvent sombres. Les références littéraires et cinématographiques demeurent présentes, comme ici, par exemple, dans la chanson intitulée Le Val, où le Johnny Got His Gun  de Dalton Trumbo et Le Dormeur du val de Rimbaud se confondent dans le fracas d’un champ de bataille. Douter Des Totems, album de la remise en question, est de qualité et, tout comme ses prédécesseurs, bien que s’en démarquant nettement,  témoigne d’un travail exigeant, assuré, de constance et d’une certaine richesse.

« La veloutine des jolies choses et la vodka… »

C’est en ce début décembre 2012 que Ribo sort son cinquième opus, celui qui nous occupe ici, Veloutine & Vodka. Ce Veloutine & Vodka aurait très bien pu ne jamais voir le jour, Mosaic Music Distribution, label sur lequel étaient parus les trois albums précédents, ayant fait faillite. C’est donc sur le label indépendant Les 3 Marins Distrib.  que sort Veloutine & Vodka. Des changements, le groupe en a aussi connu en son sein suite au départ du guitariste et l’intégration définitive de Fiona (déjà présente sur Douter des totems, l’album précédent) aux claviers et en tant que seconde voix. Sur cet opus le groupe se compose donc de : Fiona Cox au clavier et au chant, Laurent Pilniak au chant et à la guitare, Xavier Comor à la basse, Nicolas Jonville à la batterie, et Stéphane Séret qui signe les textes et le visuel du disque ; l’ensemble du groupe signant paroles, musiques et arrangements. L’enregistrement lui eut lieu en juillet au studio le sous-marin à Amiens.
Musicalement, Veloutine & Vodka s’inscrit dans la droite ligne de Douter Des Totems et propose une musique aux orientations Pop/Rock et Folk soutenant la voix de Laurent Pilniak qui demeure bien en avant sur l’album. Les riffs de guitares saturés bien qu’étant toujours présents sur certains titres (Peeping Tom (Le voyeur bienveillant), Sada d'Osaka ou L'ascenseur notamment) se dégagent un peu moins de l’ensemble qu’auparavant cependant qu’une place plus large est faite aux claviers.
Si Douter Des Totems nous donnait souvent à écouter (et à lire !) des textes à double sens et des paroles imagées, cela ne semble pas être le cas de son successeur. En effet, les textes de Veloutine & Vodka sont beaucoup plus directs, leur sens se dévoilant plus immédiatement à l’écoute et à la lecture, sans pour autant que cela soit synonyme de qualité moindre.
     
     
 35 minutes, 10 titres

Plutôt pop et enjoué, Peeping Tom (Le voyeur bienveillant), plage liminaire du disque qui pourrait faire office de prologue à ce recueil de chansons, ne sera pas sans rappeler quelques souvenirs de traduction en cours de version à quelques anglicistes par son titre trouvant son origine dans une expression idiomatique anglaise, littéralement intraduisible en français, désignant ce que l’on appelle dans la langue de Molière un voyeur. Peeping Tom évoquera aussi et surtout aux cinéphiles le chef-d’œuvre britannique mis en scène par le réalisateur Michael Powell, sorti en 1960 : Peeping Tom (Le voyeur en français). On songera enfin, au détour d’un couplet, au Fenêtre Sur Cour d’Alfred Hitchcock Ribo continue donc de nourrir ses textes de références cinématographiques, incontestablement l’une de leurs marques et une constante au regard de leur œuvre globale. « J’colle mes yeux aux judas / Mes rétines aux serrures… »
 La gueule de l'emploi, où domine la gravité discrète du piano, s’impose par son évocation sans détour de la dépression et du chômage comme le morceau le plus mélancolique et touchant de l’album : « Comment lui dire que je n’ai plus / Parait-il, la gueule de l’emploi /  Et qu’ils m’ont jeté par-dessus / Bord sans trop de tracas… »  Comme souvent chez Ribo, le fait de société est ici traité par le biais de l’intime et du portrait sensible.
S’ouvrant sur un clavier très church et déroulé sur un mid-tempo groovy, le titre Sada d'Osaka nous propose une réécriture 2.0 du mythe de Pygmalion et Galatée, originellement conté par le poète Ovide dans son poème des Métamorphoses, et cela non sans humour puisqu’ici la poupée geisha – compagne des solitaires- devient substitut à la statue d’ivoire : « Réaliste poupée / En silicone moulée / Délicate au toucher… »
Ribo est un groupe pudique. C’est en tout cas ce dont il nous assure dans le balancement tonique et nappé de sons Rhodes du titre La pudeur, chanson piquante qui semble renouer avec les insolences des albums les plus anciens du groupe, notamment Fatras Pour Chats Giflés. « Minauder, tortiller du cœur / Comme le premier sagouin venu / Comme d’autres tortillent du valseur / Je m’y refuse, c’est exclu… » Non,  les picards ne garniront pas leur skeud de love songs dégoulinantes de niaiseries et garderont pour eux leurs effusions. On les en remercie. « Je le confesse parfois m’écœurent / Un peu tous ces épanchements / La p’tite pornographie du cœur / C’est très payant, mais désolant… »
Section rythmique ardente, riffs saturés et piano chavirant, L'ascenseur, comme un écho à La gueule de l’emploi, dépeint avec fougue, et en filant la métaphore, un fait social bien actuel : les dysfonctionnements de cet ascenseur social dont beaucoup aiment à nous vanter opportunément les mérites et les vertus élévatoires, tout en omettant de préciser qu’un ascenseur monte aussi bien qu’il descend : « J’me sens comme à fond de cale / Claustro et chancelant / Dans cet ascenseur social / Dans celui qui descend… »
Puis ce sont tous ceux qui ont fait de leur posture pseudo-rebelle leur raison d’être médiatique qui se voient gratifiés de la chanson suivante, Rebelle de métier«  Je surjoue l’insoumis / Pour la photographie… ». Si le climat musical est assez tempéré, presque feutré sur les couplets, les mots eux sont acerbes. « Ravachol de flanelle / Rimbaldien demi-sel / Aux colères calibrées / Pour le format télé… »
On comprendra aisément que le titre Comme une liasse (confession d’un porteur de mallettes) évoque, sur le mode ironique et en 2 minutes 40 de légèreté pop persifleuse, le nerf de la guerre et son transit à travers le monde. Le sous-titre n’est pas sans rappeler, entre autres, une affaire faisant encore aujourd’hui couler beaucoup d’encre et vendre pas mal de papier : « Des scrupules, j’en ai pas / Yen ou dollar, l’argent n’a / Que l’odeur du doigt… / Palpez- moi, palpez-moi… »
« Dans le miroir, c’est la métamorphose / Dans le miroir, IL crée, ELLE se compose… » Lula/Jack (court métrage) a pour sujet le travestissement et la confusion des genres ; thèmes du double et de la dualité qui justifient que la chanson soit interprétée en duo mixte. Un titre aux accents jazzy un peu plus léger que les précédents, duquel l’humour n’est pas absent, astucieusement composé comme le découpage technique d’un synopsis : « Travelling, close-up / Visage au teint laiteux / Lipstick, make-up / Khôl pour l’ovale des yeux… »
L'écho lointain des orages (impression soleil brûlant), second duo mixte et « vraie-fausse » ballade de l’album, apporte une note de douceur, voire de joliesse impressionniste à l’ensemble, mais peut-être vaudrait-il mieux ne pas accorder à cette chanson une écoute trop hâtive, tant semble parfois percer sous la veloutine du refrain et le calme apparent des couplets une certaine tension : « Un vent fébrile rejette / Le sang séché des bêtes / Un parfum de carnage / L’écho lointain des orages… » 
«  Je n’ai rien d’autre à perdre que mon sang froid  / Juste mon sang froid… »  C’est par les teintes sombres et le climat presque oppressant du titre Quelque chose doit craquer, dont  la construction et la durée  (5 minutes) tranchent avec la concision des chansons précédentes, que s’achève sur un climax cet opus. Petit précis d’asphyxie, de frustration et de rage rentrée, lamento ombrageux d’un homme ordinaire à bout, le morceau progresse crescendo vers un final au lyrisme assumé où la voix lead, proche du point de rupture, peu à peu s’enfonce dans des chœurs éthérés. «  Les lendemains ne chantent plus / Que des chansons amères / Des couplets coupants, pointus / Ardents comme des revolvers… ».  Quelque chose va craquer, nous sommes prévenus !  
                                                        *****
Le titre de l’album est tiré d’une citation de P.M. Harper : « on sent qu’ici rien d’un peu sacré ne pourra éclore (…) Mais au fond je m’en fous. Il me restera toujours la veloutine des jolies choses et la vodka… » Voilà quelques mots  qui  nous livrent un bon condensé du contenu de ce disque ainsi que sa couleur, son atmosphère.
Quelques mots aussi sur la pochette de l’album. Celle-ci nous donne une occasion supplémentaire de constater les « désastres » occasionnés par la miniaturisation, tant on ne peut malheureusement que regretter un rendu qui, sur grand format, aurait certainement été du meilleur effet…A l’heure du tout numérique, de l’immatériel, est-ce bien ce qui importe le plus ? Non certes…mais tout de même. Reste ici l’objet disque bien sûr, mais pour combien de temps encore ? Un disque dont les trente-cinq minutes ne sont pas, elles aussi, sans rappeler une époque où le disque vinyle trouvait preneur…



« Par quelques interstices
J’entraperçois parfois
Les promesses du précipice
Bordel, qu’est-ce que je fous là ? »

Avec ce Veloutine & Vodka,  Ribo signe un cinquième opus dans la continuité de Douter Des Totems, en prolongeant l’exploration de thèmes déjà abordés, mais ici tout est plus direct et nerveux encore, on en perçoit d’autant mieux l’urgence qui règne globalement sur ce disque. Veloutine & Vodka retranscrit en cela une ambiance plus qu’actuelle. Au milieu de cela un trait d’humour frondeur demeure. Ce cinquième album est l’œuvre d’un groupe ayant singulièrement évolué depuis ses premiers pas discographiques, mais qui n’a rien perdu de ses traits de caractères, de son identité et qui continue son chemin.
Ceux connaissant la discographie du  groupe trouveront dans Veloutine & Vodka tout ce qui fait un album de Ribo. Les autres, amateurs de chanson, férus de cinéma,  vous pouvez jeter une oreille (voire, pourquoi pas, les deux !) sur cette galette picarde. Vous ne devriez pas être déçu, et songez aussi que certaines musiques gagnent à être écoutées et plus encore, à être réécoutées. 

Liste des titres :

1.      Peeping Tom (Le voyeur bienveillant)
2.      La gueule de l'emploi
3.      Sada d'Osaka
4.      La pudeur
5.      L'ascenseur
6.      Rebelle de métier
7.      Comme une liasse
8.      Lula/Jack (court métrage)
9.      L'écho lointain des orages
10.  Quelque chose doit craquer

Ribo, Veloutine & Vodka, Les 3 Marins Distrib., 2012.

Xavier Fluet / Ribo



Publié le : 21/01/2013 par La Gazette De Paris.



lundi 7 janvier 2013

Ribo au Safran

En attendant la parution prochaine de l'article consacré à Veloutine & Vodka, 5e opus du groupe Ribo, voici une vidéo, enregistrée au Safran à Amiens,  montrant une prestation du groupe. 


mercredi 26 décembre 2012

Prochaine critique: Ribo - Veloutine & Vodka (suite)

Prochaine critique,  à paraître dans La Gazette De Paris, celle de l'album Veloutine & Vodka du groupe  Ribo, originaire d'Amiens en Picardie. Article disponible en ligne au plus tard pour la fin du mois de janvier 2013. en attendant la parution prochaine, voici des vidéos promos de l'album.




Prochaine critique: Ribo - Veloutine & Vodka




Prochaine critique,  à paraître dans La Gazette De Paris, celle de l'album Veloutine & Vodka du groupe  Ribo originaire d'Amiens en Picardie. Article disponible en ligne au plus tard pour la fin du mois de janvier 2013. en attendant la parution prochaine, voici un mini teaser de l'album.